Qu’est-ce que la précarité et quand devient-elle extrême ?

Dossier signé Lionel Belarbi pour Le Journal Corrosif
Qu’est-ce que la précarité selon le dictionnaire ? Je n’ai pas fait de grandes études, je n’y comprends rien, alors je barre… Vous aurez une source, pas d’inquiétude. Je préfère vous donner ma définition car croyez-moi, je maîtrise à 200 % le sujet, je suis même une élite précaire…
NDLR
La précarité est l’absence d’une ou plusieurs des sécurités permettant aux personnes et aux familles d’assumer leurs responsabilités élémentaires et de jouir de leurs droits fondamentaux. L’insécurité qui en résulte peut être plus ou moins étendue et avoir des conséquences more ou moins graves et définitives.
Définition : Qu’est-ce que la précarité ?
La précarité est une situation précaire, c’est-à-dire la perte de garantie de protections sociales diverses et variées ; l’absence partielle ou totale (extrême précarité) des mises en sécurité qui protégeaient une personne, une famille, un groupe. Pire, c’est aussi la perte de leurs droits fondamentaux.
Définition : Qu’est-ce que la précarité extrême ?
Elle devient extrême quand elle porte atteinte à la vie de la personne en situation précaire très grave en laissant des séquelles sociales et mentales irréversibles. Situation sociale et financière grave, lien familial rompu, droits sociaux absents, insécurité du logement, souvent devenu insalubre, démarches administratives devenues infranchissables, renfermement sur soi-même, dégradation de l’état mental pouvant amener à déclarer des maladies mentales telles que la dépression nerveuse, la psychasthénie (trouble névrotique spécifié), le syndrome de Diogène, de fortes angoisses, etc.
Mais encore, la perte de tout revenu, même minimum (RSA, AAH), ce qui peut engendrer un enfermement dehors : sans domicile fixe et sans abri (SDF/SA), la personne se retrouve donc à la rue du jour au lendemain, sans aucune connaissance du terrain. Ce qui, croyez-moi, provoque des angoisses extrêmes d’une durée infinie tant que l’on n’est pas secouru par des personnes bienveillantes. J’en ai fait les frais, c’est à mourir de peur, la rue, quand on ne la connaît pas dans cette situation de précarité extrême.
Souvent, les personnes en situation de précarité extrême s’enferment dans leur logement, sont isolées du monde et ne demandent aucune assistance, même pour manger. Ces gens du désespoir sont en situation d’urgence vitale. Si cette victime est votre voisin, par pitié, même si c’est intrusif pour elle, appelez les services sociaux et alertez les sapeurs-pompiers, je vous en conjure.
Non-assistance à personne en danger
C’est le fait de ne pas apporter secours à une personne en détresse ou en situation de danger imminent. Vous risquez une condamnation en justice si vous ignorez le danger que risque la victime.
Dans le cas où elle ne veut pas être aidée, faites-le quand même en passant outre ses choix de rester isolée. Écoutez cette personne, mais protégez-la toujours en alertant les secours ! La personne est en danger imminent, il en va donc de votre responsabilité. Si vous ne faites rien, c’est de la pseudo-non-assistance à personne en danger de précarité, puisque de toute façon vous ne craignez rien, personne ne vous fera de procès. La personne sera morte et sa famille l’a misérablement abandonnée. Je suis un peu sombre d’écrire ça, mais ces personnes en précarité extrême sont souvent, très souvent, isolées totalement. Plus d’amis, pas de famille ni de parents, des voisins ignorants et donc criminels. Ne pas agir, c’est un crime !
La précarité tue !
Et elle le fait toute l’année sans ménager ses victimes qui meurent de froid, de faim, de solitude, de maladie, ou se donnent la mort, la fameuse libération d’une vie au mauvais goût de merde et à la précarité morbide.
J’ai bien un doctorat en précarité, une formation de 10 ans avec une dégringolade très douce et lente de ma vie. Je suis ingénieur en précarité et je suis bien sûr le meilleur philosophe pour en parler. Sauf que je ne vais pas faire de philosophie ou écrire des paraboles sur la précarité, je vais faire dans le concret, l’abstrait me faisant aller à la selle.
Les oubliés, invisibles du système, les classes moyennes
La précarité est un sujet très oublié, voire invisible pour de très nombreux foyers. Je veux parler bien sûr des classes moyennes. Les classes bourgeoises, quant à elles, sont en précarité de réflexion.
Je connais beaucoup de familles « pâtes au beurre » se plaindre. J’en suis un, mais j’ai de la chance d’être le plus grand et gros mangeur de nouilles au monde entier, même de toutes les galaxies. Ces familles qui ne cessent de se plaindre car il y a trop de pâtes et peu de viande dans l’assiette, je ne leur répondrai qu’une chose : le végétarisme subi ! Ah ?! On me dit dans l’oreillette droite que les légumes sont de plus en plus chers et que la viande bovine d’Argentine est moins onéreuse que la française.
Ces familles presque pauvres sont dans une situation pré-précaire, c’est en quelque sorte la dernière ligne droite pour l’expulsion de la maison. Procédant par ordre : le père et la maman perdent leur emploi à quelques mois d’intervalle. Courageux, et pour ne pas perdre le chômage sans un nouveau métier, ces parents acceptent n’importe quel travail précaire. Les repas se font de plus en plus rares, un déménagement est prévu pour un logement plus petit et insalubre. Le papa et la maman divorcent, les enfants sont baladés entre la DASS (ASE), la tante, l’oncle, les grands-parents. En clair, c’est le bordel. C’est un exemple que j’ai vu, mais vous pouvez créer votre vision de la précarité des classes moyennes, les combinaisons sont infinies.
Les classes misérables des pauvres de la rue
Sont pour moi les plus flippantes. Je me suis déjà retrouvé à la rue, j’ai tenu deux jours, puis enfin j’ai trouvé de l’aide aux urgences psychiatriques. J’ai donc simulé, pardon, j’ai amplifié ma détresse mentale pour être interné en hôpital psychiatrique. Mon état clinique ne le justifiait pas, malgré des angoisses majeures, ma précarité non plus. « Ce n’est pas un hôtel ici, monsieur ! »
Pour préférer l’hospitalisation en psychiatrie à la rue, il faut un dérèglement mental sérieux. De plus, à Paris, ce sont souvent des secteurs psychiatriques dits aigus et fermés. Je me rappelle être tombé à Maison Blanche – XIXe au secteur du 10-14, rue du Général-Lasalle 75019. Dans cet hôpital psychiatrique, il faut énumérer nos droits, ça va plus vite, car il est interdit de vivre.
- Pas le droit aux cigarettes
- Pas le droit au briquet
- Pas le droit aux vêtements
- Pas le droit de visite
- Pas le droit de sortir, confinement à l’étage
- Pas le droit de refuser le traitement médical
- Pas le droit aux rapports sexuels à deux.
« Ce n’est pas un hôtel ici, je vous l’ai déjà expliqué » Et pourtant, en hiver, qu’il y fait bon vivre. C’est atroce comme pensée, mais au moins on est au chaud, nourri, logé, blanchi, soigné. J’ai vendu ma liberté à la psychiatrie pour sortir de la précarité.
La précarité étudiante
Précarité étudiante : les données. L’Observatoire de la vie étudiante réalise régulièrement une enquête sur les conditions de vie des étudiants. Dans son édition 2016, la part moyenne des ressources due aux aides publiques est estimée à 349 €. Elle monte à 363 € pour les étudiants d’origine sociale « populaire ».
https://blog.headway-advisory.com/precarite-etudiante-le-dossier/
Vous n’avez rien compris à la précarité étudiante ? Moi non plus, encore une fois je ne suis pas un mathématicien, je suis un cancre, voilà. Donc je vais écrire français : les étudiants de classes populaires et moyennes ont besoin d’argent pour vivre ! Je connais bien le problème.
J’ai vécu en tant qu’étudiant un mois (j’ai pas tenu plus) dans un petit studio, sans argent mais avec un peu de nourriture. Il faut tout rationner : le café, les pâtes, les conserves de cassoulet — oh oui, j’en ai bouffé — et à la fin du mois, eh bien, soit on fait la manche, soit on ne mange pas. Les aides administratives ? Je sais même pas remplir une fiche pour ma pièce d’identité… La dépression m’enfermait et m’empêchait de crier à l’aide.
Le geste de désespoir d’Anas K.
Il faut vraiment être au bout du rouleau pour s’immoler par le feu. Je parle bien sûr de l’étudiant stéphanois de 22 ans inscrit depuis 5 ans en sciences politiques à Lyon 2. Anas K. s’était aspergé d’essence pour tenter de se suicider. Dans un message sur Facebook, il évoquait ses difficultés financières : « Cette année, faisant une troisième L2, je n’avais pas de bourse, et même quand j’en avais une, 450 euros par mois, est-ce suffisant pour vivre ? ».
Il était secrétaire fédéral de Solidaires Étudiants, il revendiquait la lutte contre le fascisme et le libéralisme. Il expliquait également dans son message : « Si je vise le bâtiment du Crous à Lyon, ce n’est pas par hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et par extension, le gouvernement ».
Les faits sont graves pour qu’un jeune innocent en arrive là. Le gouvernement est responsable du peuple, de sa bonne santé physique, financière, mentale, etc. Le peuple est malade, à genoux, et c’est au gouvernement de rendre des comptes. Où est passé notre argent pour nourrir les pauvres ? Où ?! C’est pas compliqué, les jeunes étudiants réclament des sous, il ne faut pas sortir de la cuisse de Jupiter pour le comprendre. Et n’allons pas dire que c’est de la responsabilité des parents, car eux aussi, ils n’ont plus un radis.
Oui, monsieur le président de la République qui résidez en France, nous sommes fauchés comme le blé. Je n’ai pas de solution, n’étant pas assez informé et formé pour ce type de précarité, mais tout ce que je sais, c’est qu’il n’y aura pas d’issue de secours pour ce merdier tant que le gouvernement ne mettra pas une narine ou deux dans la merde… La tartine de merde, il faut la goûter pour rectifier sa saveur.
La précarité mondiale
Parce qu’elle est mondiale, la merde… Il y a toujours plus pauvres et malheureux que nous. Les Français se plaignent beaucoup et tout le temps. Je leur donne raison. Pour éviter un régime totalitaire, il faut l’ouvrir bien grande et se faire entendre. Je soutiens bien sûr les Gilets jaunes aujourd’hui, car j’ai enfin compris que sans eux, le gouvernement nous la mettrait à l’envers.
Pour crever de faim en France, c’est triste à dire, mais il faut le vouloir. Pour parer à ce problème, il y a des associations, des maraudes, la soupe populaire, les Restos du Cœur, les Français et tout un tas d’astuces pour manger à l’œil. Exemple : allez-y au culot, rentrez dans un Auchan ou une petite supérette, expliquez votre situation à un chef de rayon alimentaire, il vous donnera peut-être des invendus. Vous n’avez rien à perdre… Personnellement, je mangeais les produits déjà ouverts, un rappel à l’ordre de la part de la sécurité et basta. On ne peut pas crever de faim en France sans le vouloir.
En revanche, dans le monde, les pays du tiers-monde, c’est pas joli, joli. Les enfants tombent gravement malades suite à de très fortes carences. Ils sont d’une maigreur morbide, et ça, les pays riches l’oublient volontairement. Je ne vois que ça, c’est criminel de la part des gouvernements. C’est de la non-assistance à personne en danger.
Comment les grandes puissances mondiales peuvent-elles laisser crever de faim des femmes, des hommes et des enfants ? Comment ? J’en ai rien à foutre de la fusée SpaceX et de son lancement, le gamin sur la photo du dessus aussi. Ok, nous avons besoin de satellites pour nos smartphones, internet, même le Journal Corrosif on en a besoin pour satisfaire les lecteurs. Mais nous n’avons pas à laisser des lancements de fusées inutiles se faire. Laissez un commentaire sur SpaceX et le monde qui crève de faim. Je vais bien vous recevoir.
Il est où, l’argent de l’Afrique ? Ce continent est une mine de diamants, d’or, ça sent le fric à plein nez. Il y a assez de richesses pour tuer la précarité, l’éradiquer. C’est choquant, scandaleux, mortel de presser tel un citron vert l’Afrique. Quand elle ne donnera plus de jus, sans recyclage, elle sera jetée à la mer. C’est écœurant, nos dirigeants sont responsables de ce fléau mondial. Ce chaos international.

La précarité, et moi, et moi, et moi…
Parce que oui, je n’ai fait que parler de moi et de mes réflexions et idées sur la précarité. En effet, je n’allais pas discuter avec vous d’un sujet que je ne maîtrise pas. Je n’ai vraiment pas travaillé le problème comme un scientifique, politicien, philosophe masturbatoire et consorts. Non, je n’ai donné que mon avis sur une question, voire deux. Je n’ai pas sorti de statistiques et je n’ai même pas cité mes sources, puisque ce texte sort de mes tripes qui puent. J’ai horreur des tripes, sauf quand j’ai faim.





